10 mai 2014

Qui veut des bananes ? Mais laquelle ?
Non, les Américains ne sont pas tous des obèses qui se nourrissent de hamburgers, boulettes de viande, macaroni and cheese et considèrent que les frites sont des légumes.

Après plus de 14 heures d'avion, une escale au pas de charge à l'ancien "Unique" aéroport de Zurich, et environ une heure à rouler comme un escargot au milieu des bouchons sur l'autoroute, ce qui en fait m'arrangeait bien car j'appréhendais de devoir conduire une voiture automatique pour la première fois de ma vie, je suis arrivée à Berkeley, petite ville de 112'000 habitants, dont énormément d'écoliers et d'étudiants.

A peine mes bagages déposés, je me suis précipitée dans le supermarché le mieux achalandé de la région, le Berkeley Bowl. Le Berkeley Bowl ? C'est un supermarché indépendant (donc, pas issu d'une chaîne comme Safeway ou autres Whole Foods), qui a été créé en 1977 dans une ancienne halle de bowling, d'où son nom. C'est une véritable institution, connue loin à la ronde pour ses fruits et légumes. Impossible de rater cet endroit quand on adore les produits frais comme moi. Et maintenant, il existe deux Berkeley Bowl en ville. J'ai choisi celui de l'Ouest.
Comment est-il possible de ne pas aimer les légumes, après avoir vu un tel rayon ?
Mais, le temps d'installer mon GPS et d'arriver là-bas, il était déjà 20 heures moins 1. A peine entrée dans le magasin, un vendeur me hèle pour me dire qu'ils vont fermer dans 1 minute. Ouah, un supermarché américain qui ferme à 20h, ça existe ? Oui, oui, et s'ils laissent quand même entrer les retardataires comme moi, un haut-parleur se chargeait d'informer la clientèle que les caisses fermeraient à 20h05 pile. Le problème, c'est qu'il me fallait absolument de quoi manger le soir et le minimum pour mon petit déjeuner. Donc, en poussant mon chariot comme dans ces concours où il s'agit de le remplir un maximum en moins de x-minutes, j'ai couru à travers les allées pour prendre quelques produits. Heureusement, l'agencement de tous les supermarchés du monde se ressemble. On commence par les produits laitiers, les oeufs, puis on continue avec les fruits et légumes, avant de se retrouver aux céréales, chips, et autres produits moins essentiels.

Le personnel était en train de refermer les frigos pour la nuit. Impossible de prendre quoi que ce soit en choisissant lentement, ce qui aurait été mieux vu que je ne connaissais pas la plupart des produits et ne savait pas quoi prendre, il fallait se ruer sur le rayon avant que le store ne se baisse. Mais, j'ai quand même eu le temps de me rendre compte que cela devait être l'un des supermarchés les plus extraordinaires que je n'ai jamais visités de ma vie. Et pourtant, j'en ai vu d'autres, y compris aux Etats-Unis. Alors, je me suis promis de revenir le lendemain, ce que j'ai fait.
Quelques concombres
J'adore visiter les supermarchés des lieux dans lesquels je me rends en tant que touriste. Ils font même souvent partie des premiers endroits que j'aime inspecter et parcourir de long en large, car ils révèlent beaucoup sur le mode de vie des indigènes. Ils montrent leurs habitudes et leurs goûts.
Carottes et autres tubercules
Ici, à Berkeley, les gens sont plutôt plus ouverts, progressistes et mieux éduqués que dans d'autres zones moins favorisées des Etats-Unis. Il y a un héritage de la période "baba cool" indéniable, aussi. On le voit dans le nombre de véhicules hybrides sur les routes, mais aussi dans le nombre de supermarchés "bio" et "verts", par rapport aux autres. Mais, le Berkeley Bowl est juste THE endroit à ne pas manquer si on aime la vraie bonne cuisine et les produits frais. C'est le paradis ! On y trouve seulement une allée de produits de plats surgelés, mais ce n'est pas celui qui attire le plus de monde...
Pommes miniatures, grenades et autres fruits exotiques
Le seul rayon fruits et légumes doit être largement grand qu'un terrain de football. J'ai été scotchée d'y avoir trouvé une demi-douzaine de sortes de mangues (et rien que devant l'entrée du magasin, il y avait 3 sortes de mangues en promotion), une dizaine de sortes de bananes (la photo tout en haut ne présente que les deux tiers du rayon de bananes), des concombres de toutes espèces et formes, mais aussi une dizaine de sortes de carottes, et une centaine de variétés de fruits et légumes de toutes origines. Moi qui avais déjà l'impression de venir d'un pays du tiers monde en parcourant le dernier étage du KaDeWe à Berlin, ici je suis restée scotchée devant tant d'abondance.

Alors oui, c'est révélateur de la société de consommation qu'est la société américaine, mais qu'il y ait autant de diversité dans l'alimentation est aussi une forme de richesse : cela signifie qu'il est possible de préparer tout ce que l'on veut et de ne pas se contenter uniquement de ce que l'on connaît traditionnellement. On trouve ce que l'on veut, (presque) tout ce que l'on veut. En tout cas, il est certain que je vais mettre à profit ces presque 3 mois pour essayer un maximum de choses.

À commencer par une omelette à la margose, ou concombre amer. Un genre de légume délicieux mais introuvable en Suisse.

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