5 juin 2014

Heureusement, mes examens se sont bien passés. J'avais même deviné à l'avance quel serait le cas sur lequel on serait interrogé (Lucy v. Zehmer). Quelques jours de répit en attendant les suivants... et comme j'ai pu flâner hier, j'ai fait le tour des environs du campus de Berkeley. Il est impossible de rater toutes ces coquettes demeures entourées de jardinets bien entretenus, dont le fronton est souvent, mais pas toujours, orné de lettres grecques. Il doit y en avoir une douzaine de ces bâtisses, au moins, parsemées dans un périmètre assez réduit. En voici quelques unes :


Si je vous dis "Phi Beta Kappa", peut-être que vous comprenez de quoi il s'agit, maintenant ? De sociétés d'étudiants, plus communément appelées "fraternités" et "sororités", et aussi "Greek letter organizations". La première, "Phi Beta Kappa" ou "ΦΒΚ", a vu le jour à la fin du 18ème siècle aux États-Unis. Elles ont choisi les lettres grecques comme pendant aux associations qui existaient autrefois, à significations latines, et parce que les hellénistes avaient un certain prestige à l'époque. Chaque lettre grecque correspond au début d'un mot en grec ancien, qui compose le slogan de l'association. Cela leur confère aussi une aura de mystère... De fait, certaines associations se sont inspirées de la franc-maçonnerie (comme en Suisse, d'ailleurs), et cultiv(ai)ent une forme d'élitisme et de secret, tout en sélectionnant scrupuleusement leurs membres.

Aujourd'hui, ces associations rassemblent des étudiants, parfois que des garçons ou que des filles, selon certains critères pas toujours très clairs. Beaucoup recrutent publiquement leurs futurs membres, mais beaucoup exigent une forme de "parrainage" par d'anciens membres. C'est donc un honneur que de pouvoir être admis dans certaines. Mais en même temps, il y a bien des raisons pour critiquer l'opacité et la discrimination qui s'y opère, et on remarque bien que certaines refusent d'admettre certaines catégories d'étudiants en leur sein. C'est pour certaines raisons que certaines universités interdisent à ces associations d'opérer sur leur campus. Apparemment, à Berkeley, elles prospèrent.

Ces "grecs" organisent des manifestations de toutes sortes (les beuveries me semblant toutefois être celles qui ont lieu le plus fréquemment...), offrent des services de cantine ou même logent leurs membres. Je n'ai aucune idée du montant des cotisations, mais elles ne doivent pas être bon marché pour entretenir tous ces immeubles cossus...

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